Bruits d’eau

Je marche dans les ligne séchées

À côté du courant

Respirant tes réflexions

Comme des pollens

Au grand large

Les ombres estompent les reflets

Et la clameur sur la berge coule

À voix basse

Vue du ciel, Hervé Hôte

 

Isabelle Crépeau - ©2017

L’art du temps

Angèle Verret, « Où ça commence » [détail], 2015. Acrylique sur toile

 J’ai longtemps cherché au-devant

La fissure en toute chose

Ces aspérités de lumière

Comme des ancrages

La décoloration du fut façonné de mes mains

Transgresse le bleu majeur

Je veux retrouver la saison indomptable

Et résonner indemne l’insouciance

© Isabelle Crépeau – 2017

Maître de vie

à Rogerfleur-de-mandariner

Quand il observe les fleurs de mandarines
Le temps n’est plus demain, hier n’a plus d’avant 
Ta bohème 
Comme une marée, un reflux
Se targue
Tourbillon défiant
Je n’aurai pas le temps, pas le temps, dit-il
D’aller toucher les derniers froids et tracer le prochain trait
Je t’ai écrit sur les névés
Pour que hier ne dure pas mais que demain demeure
Inflorescence  

© Isabelle Crépeau – 2017

 

Esprit nature

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Le jardin de ma mère
Terre à nénuphars
Comme de l’encre, réfléchit le silence
Il naît à la source de l’équilibre
Dans les plis rocheux

Je me laisse cueillir par la brunante
Éparpillée, parmi les fleurs enflammées
Et les feuilles qui sèchent,
Après la gloire

 

©Isabelle Crépeau, 2016

L’été sur son départ

jardin Tremblant

Chemin du Lac-Tremblant-Nord, Québec, 29 août 2016

« Dans le jardin de ma mère, l’automne est intensément présent.

Ses dahlias et ses asters semblent plus grands, leurs couleurs plus flamboyantes, ses buissons lourds de baies sont plus fournis et rougeoyants que partout ailleurs.

Des masses de feuilles rouges, jaunes et mordorées se pressent au premier plan sur le fond sombre des sapins….

Jamais je n’entre dans ce jardin sans éprouver le sentiment que je m’engage dans un lieu interdit ».

Hella S. Haasse. Le pavillon de jardin. In Aloe ferox et autres nouvelles. Actes Sud / Leméac, 2008.

   

Bleu de Chine

Au dessus de la mer, une promesse de pluie disparue. Pulpé de chaleur, je bois à la cime des vagues et tout ce ciel dans mes yeux dévale sur mon repos.

Jérôme Festy, La Petite Bouée (détail), pastel sec, 2011.

 

 

©Isabelle Crépeau, 2016