L’empreinte du coquillage au solstice

Brachiopode, parc Belmont, Montréal

Brachiopode, parc Belmont, Montréal

Snapshot 2013 – Au coin de ma rue il y a un parc, une rivière et des couchers de soleil.

Snapshot 300 millions d’années avant – Il n’y avait pas de coin ni de rue. Il y avait des couchers de soleil, la mer et des coquillages.

Pendant que les paysages se superposent, la nature écrit un livre d’artiste millénaire.

L’histoire commence avant les dinosaures, à l’ère du Paléozoïque. Il y a si longtemps et si loin, les brachiopodes abondaient. Lors de l’extinction de masse du Permien la nature en a scellé quelques uns.

C’est pour cette raison qu’au coin de ma rue, incrusté dans des roches sédimentaires, il y a une empreinte de coquillage.

Au solstice, elle devient bleutée.

Sites fossilifères de Montréal facilement accessibles

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360 litres verts et un bleu Derwent

Dans la cour de la pépinière d’arrondissement, ils sont pêle-mêle ou alignés.

360 litres de kilogrammes pour 365 jours afin de disposer de l’éphémère inutile.

Horizontal déordonné

je jette – tu jettes – il / elle jette

287 kg / an 

nous jetons –  vous jetez – ils/ elles jettent

558 948 tonnes / an

Vertical déordonné

je recycle – tu recycles – il / elle recycle

89kg / an

nous recyclons – vous recyclez – ils/elles recyclent

357 586 tonnes / an

Vertical ordonné2_Fleurs

je jette – tu récupères – il / elle recycle – nous transformons – nous réutilisons 

nous préservons

En ce jour de recyclage hebdomadaire j’ai trouvé à côté d’un bac vert un Derwent bleu. Je vous en reparlerai.

Photos prises  à la pépinière municipale de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville.

Statistiques : Portrait 2012 des matières résiduelles de l’agglomération de Montréal

Le laboratoire des lilas

Cours arrière du Centre de bio-médecine

Pour le trouver, il faut passer sous le saule, traverser la clairière, longer la haie, piquer à travers la vigne et les ronces. C’est là que se trouve un centre de recherches biomédicales abandonné.

Entrée principale du Centre de bio-médecine

Dans ce laboratoire caché, des chercheurs tentaient de comprendre pour trouver. Études scientifiques, empiriques, cliniques. Hypothèses, expériences, observations, conclusions.

Et au mois de mai, ils s’asseyaient sous les lilas.

Un printemps, la porte rouge est restée fermée, la jaune aussi. Microscopes, béchers, éprouvettes, alambiques. Bactéries, virus, cellules et tissus. Crayons, bloc notes, téléphones, dactylos, calculatrices, fiches et microfilms.

Ils ont emportés.

Notes classées, rapports numérotés, informations tablettées. Ils ont laissés.

L’enclos aux cobayes est déverrouillé, la nature a envahi les cages, les rongeurs ont percés des trous, grignotés les papiers et semés des germes. L’humidité a enveloppé les cartons et déposé ses spores. Les champs stériles se sont fanés.

Mais pas les lilas.

Derrière le mur errodé, l’air de 1990 ne bouge plus. Un espace de création s’est tu.