Chez Michel

Filtres d’été sur journées d’automne
Baignent les routes de terres et de blés
Jusqu’aux méandres de la Maskinongé
Et ses cascades d’eaux douces ombrées

Il est celui qui niche au pied des fontaines
Le long des sentiers de mousses de sphaignes
Dans les joncs bleutés des sapins baumiers
Auprès des rochers et des muses d’idées

L’Artiste
des heures aux mains de sculpteur
Qui taille des forets d’oiseaux migrateurs
En bois de rivière et feuilles de copeaux
Caresses de fougères et cuirs de bouleaux

 

Iphone 163

Dans l’atelier du sculpteur Michel Boire
« Les oiseaux amoureux » Oeuvre en chantier

 

 

 

 

 

 

© Isabelle Crépeau, 2014
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Marécages

débâcle

Turbulences des sols sur pluie de fonte
Bouillons d’eaux aux alcools de glaces
Sur des pavés de marécages
L’hiver effeuille son pelage
Jonchés de sciures de débâcles
De dallages de déconfitures
Et d’épaves d’éclaboussures

Sur les rives de la Skawanoti
Une prairie de neiges englouties
Un champ d’atours polaires disloqués
Une estacade de boues macérées
Et des limons d’acides de pollution

Sur ces nappes de contamination
L’alouette picosse les alluvions
Le merle poursuit sa nidification
Et dans ce printemps au fracas d’effusions
Ils chantent le tumulte des prochaines générations

L’odeur des couvents

Couvent des Soeurs de la Sainte-Vierge, St-Grégoire, Québec

Couvent des Soeurs l’Assomption de la Sainte-Vierge, St-Grégoire, Québec

Détail porte du couvent

Détail, Couvent des Soeurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge

Une vie de carcans, de renonciation, de dévotion
Entre chapelle, réfectoire et parloir
Un gynécée à la gloire de la virginité
Vit au rythme des cantiques, de la prière et des psaumes

Entre les murs des couvents
Sévères et intransigeants
Les pucelles de l’Éternel
Ont
Renoncé au vent
Renié les printemps
Ignoré les étés

Et oublié
Que le temps est mouvance
Que la musique est frisson
Que la liberté est rayon
Que la lumière est parfum

Le couvent des Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge a été construit en 1903 et occupé par celles-ci jusqu’en 2009. Il s’agit d’une congrégation d’origine canadienne, fondée à St-Grégoire de Nicolet au Québec, en septembre 1853. Elles y dispensaient un cours pour jeunes filles de région rurale. Ce bâtiment est maintenant occupé par Culture Centre-du-Québec qui m’avait invitée dans le cade de mon travail.
J’ai été frappée par l’odeur des murs d’époque et l’organisation spatiale qui transmettent des renseignements sur « l’art de vivre » en communauté religieuse au temps de la Grande noirceur et même au-delà de cette période marquante de l’histoire du Québec. Ce sont ces émotions qui ont inspiré ce poème.
 
© Isabelle Crépeau, 2013

 

Au chalet des souvenirs

C’est un petit chalet d’été sur une île tranquille au milieu d’une rivière de fleuve. Il nous attend tout l’hiver entouré des neiges, du froid et du silence.

Quand les glaces se rompent, que le courant se calme, que les feuillus font écran, que le merle et l’alouette nichent, nous voguons à la rencontre des souvenirs

Ile

pour retrouver l’eau fraîche et l’achigan des nénuphars, pour s’envelopper de chaleur de juillet et de lumière d’août, pour pénétrer la verdure où framboises et bleuets se cachent.

Sentier

Le pays des vacances, c’est celui de la pêche et des balades en canot, des cigales, clapotis, criquets et crépitements. Celui de l’épinette, du bouleau, du cèdre, des aubes de brumes aux crépuscules de feux de camps et de guimauves grillées.

Bois

Escalier

Et la brise des jours de pluie prépare des soirées de musique. Au son du piano faux, calés dans des fauteuils vieillots, un moment d’antan

Salon

Ping Pong

À l’appel de la rentrée,

au bout du quai

nous laissons au chalet ses souvenirs.

Repartir vers rythme de demain

jusqu’ à l’an prochain.